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Nous n'en avons pas vraiment entendu parler: pourtant, selon un communiqué publié lors du Mondial de l'automobile, début octobre, l'hybride diesel s'éclipsera à terme, faute de rentabilité.

 

Peugeot a mentionné dans ce communiqué que le break 508 RXH, doté d’une motorisation hybride diesel-électrique, serait dorénavant également commercialisé sans son moteur électrique, installé sur l’essieu arrière, qui en faisait également une version 4 roues motrices. 

Un élargissement de la gamme de ce break typé « baroudeur » (garde au sol rehaussée, protections de bas de caisse, pneus hauts) qui dissimule à peine le début de la fin pour les motorisations diesel-hybride dont PSA avait fait sa spécialité.

Il faut bien admettre que la RHX, depuis son lancement en 2011, n’a guère convaincu. En effet, ses ventes ne s'élèvent qu'à un peu plus de 14 000 immatriculations. Afin de redonner des couleurs aux chiffres de ventes, Peugeot a remplacé cette coûteuse technologie par un plus classique bloc 100% thermique, en l'occurrence le 2.0 BlueHDi 180 associé à l'agréable transmission automatique EAT6. 

Cette décision, on la doit au président de PSA, Carlos Tavares. Le nouveau patron du groupe a pris la mesure de l’impasse que constitue cette technologie en termes de succès, à plus forte raison dans la phase de reconquête commerciale qu'il opère actuellement. 

 

La Peugeot 508 RXH lors de sa présentation au salon de Francfort 2011

Les compteurs indiquent la présence d'une motorisation hybride

 

Un non-sens écologique et économique

 

L’hybride diesel se révèle deux fois plus cher que l’hybride essence. En outre, il est commercialement limité au seul marché européen. Or, l'hybridation des véhicules a vocation à se généraliser mondialement, et non pas à se cantonner au vieux continent. Volvo, qui a aussi fait une tentative avec cette technoligue via la V60 D6 Plug-in Hybrid, l'a bien compris. Cette motorisation ne sera pas reconduite sur le nouveau XC90, qui s'équipera d’un groupe motopropulseur hybride essence. Peugeot avec sa 508 et sa 3008 comme Citroën avec sa DS5 Hybrid4 auraient-ils fait fausse route depuis le début ? 

La DS5 Hybrid4

Le bloc 2.0 HDi 163ch est assisté par un moteur électrique de 37ch

 

Il semblerait, tant la durée d’amortissement du surcoût diesel-électrique apparaît démesurée, par rapport à un modèle comparable essence ou diesel. D’où le virage a 180 degrés réalisé par PSA qui a dévoilé lors du Mondial un futur modèle hybride essence sous la forme du concept car Quartz.

 

Le concept

 

 

Celui-ci reprend le moteur 1.6 THP des Peugeot 308 poussé à 270 ch et complété par deux moteurs électriques de 85 kW (114 ch), l’un sur le train avant, l’autre à l’arrière. Un choix plus en adéquation avec l'offre existante, surtout celle des concurrents allemands bien pourvus en véhicules hybrides essence-électrique rechargeables. 

En outre, la technologie hybride ne peut, selon moi, se départir d'une forte connotation écologique. Partant de là, on peut trouver discutable, voire étrange, le fait d'associer l'électricité et le diesel, dont on commence à vouloir endiguer la prolifération, depuis que ses impacts en termes de rejets d'oxydes d'azote et de particules fines ont été dévoilés au grand jour. 

La fin annoncée de l’hybride-diesel chez PSA apparaît, in fine, comme une issue logique. Elle confirme le déclin du gazole (dont les taxes augmenteront de 4 centimes en 2015) en tant que carburant favori des français. 

 

Anthony Desruelles