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La marque au losange envisage d'ici 2015 le lancement d'une nouvelle gamme de véhicules à très bas coûts, d'abord destinés aux pays émergents, mais seulement à ceux-ci ?

Renault peine à monter en gamme pour rivaliser avec les constructeurs allemands, mais en revanche, la marque au losange a pleinement réussi dans la création de sa filiale à bas coûts, Dacia. Les Logan, Sandero et Duster rencontrent en effet un beau succès en Europe. Fort de ce constat, le constructeur français a décidé de récidiver, cette fois-ci sous sa propre marque: il envisage de lancer, d'ici l'été 2015 pour le premier modèle, quatre véhicules "low-cost" dans les pays en développement. Il s'agirait de deux berlines, un SUV et une voiture sept places. Toutefois, il se pourrait que ces voitures ne soient pas cantonnées à ces marchés.

Selon Les Echos, ces voitures seront d’abord destinées à l’Inde, mais ce pays constituerait le point de départ du lancement d'un modèle avoisinant les 3500 euros, les autres pays en développement seraient ensuite ciblés. Une stratégie similaire à celle du développement de la marque Dacia, qui s'est implantée en France après avoir rencontré le succès sur des marchés émergents. Ces modèles pourraient bien se retrouver, in fine, sur les routes européennes. D'autant que Renault est soucieux de rentabiliser sa nouvelle usine de Tanger, au Maroc.

Ces nouveaux modèles respecteraient la "philosophie Dacia" : se concentrer sur l’essentiel, n’utiliser que des pièces éprouvées et réaliser un maximum d'économies d'échelle grâce à la mutualisation des pièces et moteurs. Ces nouveaux modèles utiliseraient donc la nouvelle plateforme commune avec Nissan, CMFA, qui servira de base à l'ensemble des véhicules de moins de quatre mètres des deux constructeurs.

La direction devrait décider début 2015 si l’Europe sera elle aussi concernée. Un choix qui suscite une certaine perplexité quant à la stratégie du groupe: si Renault se lance lui même dans le low cost, qu'adviendra-t-il de Dacia ? Et si des modèles low cost  cohabitent sous une même marque avec d'autres, correspondant à une volonté de montée en gamme, n'y aura-t-il pas un problème de cohérence ? A l'heure où les constructeurs sont de plus en plus soucieux de séparer leurs positionnements via des marques haut de gamme, on peut légitimement se poser la question. 

Anthony Desruelles