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Présentée au mondial de Paris en 1998, cette grande berline signée Chrysler avait pour but de remplacer la Vision, et de concurrencer les modèles bien établis du segment qu'étaient (et que sont toujours...) les Audi A6, BMW Série 5 et Mercedes Classe E, dans une approche plus exotique. Pour cela, ses concepteurs lui avaient donné des qualités propres à satisfaire les exigeances de la clientèle européenne. Faute d'une large gamme de moteurs (seuls deux V6 essence furent au programme durant toute la carrière de l'auto) et surtout d'image, cette grande berline n'a pu avoir qu'un rôle de figurante. Pourtant, elle n'était pas dépourvue de qualités... 

Un style affirmé

Il est des voitures sur lesquelles on se retourne, et la 300M en fait partie. Reprenant le concept de la "cabine avancée" (forward cab), qui repousse la base du pare-brise pratiquement au niveau des roues avant, il se dégage de cette auto un style bien particulier.  

La face avant est elle aussi très typée, avec son imposante calandre encadrée par d'originales doubles optiques. L'arrière est quant à lui assez massif et semble avoir été un peu tronqué, donnant un aspect un peu abrupt par rapport à une ligne assez effilée pour une auto de cette taille. 

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Le confort comme principal atout

Intérieurement place au confort. Dotée d'un vaste habitacle, de larges sièges moelleux, et douée d'une excellente insonorisation, la 300M est taillée pour les longs voyages. De plus, elle offre, en bonne américaine, un équipement particulièrement complet: sellerie cuir, sièges électriques et chauffants, climatisation automatique, installation audio performante, régulateur de vitesse... Ses rivales de l'époque exigeaient de passer par de longues listes d'options pour rivaliser avec ce qu'elle offrait de série. 

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Des moteurs peu adaptés au marché français

La Chrysler 300 M reçoit deux V6 24 soupapes essence. Le plus petit est un 2.7 de 203cv, d'origine Mitsubishi (dérivé du moteur 2.5 de la Stratus). Il était uniquement réservé au marché européen. Le second, un 3.5 "maison" de 254cv, est issu du moteur qui équipait la Chrysler Vision. Néanmoins, un gain de 43cv a pu être obtenu par rapport à ce dernier, grâce à un travail sur les soupapes d'admission, un nouveau collecteur d'admission et un rapport volumétrique supérieur. Il peut sembler regrettable de ne pas avoir installé sous son capot un bon gros V8 comme les américains savent si bien les faire, mais d'un autre côté, vu les ventes déjà anecdotiques en V6, un plus gros moteur ne se serait écoulé qu'au compte-gouttes.  

Ces deux V6 sont accouplés à une boîte automatique autoadaptative baptisée Autostick et disposant d'une commande impulsionnelle, ce qui n'était pas si courant à l'époque. Il est donc possible, en faisant coulisser latéralement le levier, de sélectionner manuellement les 4 rapports.

Un comportement à l'européenne

Une coque rigide, une direction précise et bien calibrée, des suspensions raffermies pour les modèles d'exportation, confèrent à cette grande berline un comportement tout à fait aux standards des réalisations européennes. Oubliez ici les clichés de l'américaine pataude, qui se dandine sur d'archaïques essieux à lames et dont l'usage n'est concevable que sur autoroute. Fait rare pour une américaine, cette Chrysler est une traction... Elle fut même l'une des plus puissantes, un cran en dessous de la Cadillac Seville STS toutefois, qui culminait à 305cv transmis aux roues avant. 

Ce comportement rigoureux n'est pas obtenu au détriment du confort général, bien au contraire. Tous les mouvements parasites (roulis, tangage) sont en effet parfaitement maîtrisés. Côté performances, le 2.7 offre des performances correctes mais sans éclat (cf. fiche technique plus bas). Compte tenu du poids de l'auto, disons le, il n'aurait pas fallu moins. Le 3.5 permet de profiter davantage de la voiture, au prix de quelques pertes de motricité. Il faut dire que les 254cv sur le train avant mettent l'antipatinage à rude épreuve. Rien de dramatique toutefois. 

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Une bonne affaire pour amateurs

La 300M fait partie de ces autos irrémédiablement invendables et dont la côte est par conséquent très faible. Lorsqu'on parle de cette berline, les termes "revente aisée" sont à bannir immédiatement. Si l'on est, en revanche, prêt à se marier avec elle pour de longues années, c'est assurément un bon choix pour qui recherche avant tout le confort et l'originalité, d'autant que la fiabilité générale ne pose pas de problèmes particuliers et que le coût d'entretien n'a rien d'effrayant. 

Fiche technique

Moteur : V6 à 60°

Disposition : longitudinal avant

Energie : Essence

Puissance : 203cv à 5800trs/min

Rapport Poids / Puissance : 8,03kg/cv

Puissance fiscale : 14CV

Couple maxi : 27mkg à 4000trs/min

Cylindrée : 2736cm3

Nombre de soupapes : 24

Suralimentation : non

Alésage x course : 86.0 x 78.5mm

Taux de compression : -

Distribution : 2X2 arbres à cames en tête

Alimentation : Gestion électronique intégrale

Transmission : roues AV

Boîte de vitesses : automatique, 4 rapports

Direction : à crémaillère assistée

Suspension AV : McPherson

Suspension AR : Multibras

ABS / Antipatinage / ESP : oui / oui / non

Longueur : 5,02m

Largeur : 1,92m

Hauteur : 1,42m

Poids : 1630kg

Capacité du réservoir : 68L

Pneus AV : 225/55 WR17

Pneus AR : 225/55 WR17

Vitesse de pointe : 204km/h

0 à 100km/h : 10.1s

400m DA : 17.4s

1000m DA : 31.3s

Anthony Desruelles