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Le terme de "belle rencontre", qui désigne cette rubrique dédiée aux voitures singulières rencontrées de manière impromptue, n'aura jamais été aussi circonstancié qu'avec cette Ferrari 599 GTB, croisée dans une rue de Toulouse, non-loin de la gare Matabiau. Quiconque me connaît un tant soit peu, ou me fait le plaisir de lire mon blog régulièrement, sait que la marque au cheval cabré revêt pour moi un caractère tout particulier. Il s'agit de ma marque "N°1", la première de mes marques de coeur. Depuis toujours. A ce titre, en croiser une dans la rue et pouvoir l'approcher, détailler ses lignes et la photographier, est toujours une délectation pour moi. Nous allons donc revenir sur le contexte de sortie et les caractéristiques de cette 599 GTB.

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Commençons donc par le début. Elle voit le jour en 2006, afin de succéder à la 575 M apparue en 2002, et elle-même évolution de la 550 Maranello de 1996. Cette dernière marqua le retour du V12 à l'avant sur les GT deux places de Ferrari, après la période des "Boxer 12 à l'arrière". Bien que totalement inédite par rapport aux 550 / 575 Maranello, la 599 GTB exploite elle aussi le schéma du V12 en position centrale avant avec une boîte de vitesses située sur l'essieu arrière (architecture dite "Transaxle"). Son nom dissimule, comme toujours chez Ferrari, une connotation technique et historique: 599 fait référénce, comme ses ascendantes, à la cylindrée totale divisée par dix. Il ne s'agit pas de la cylindrée unitaire puisque nous sommes en présence d'un V12. Ensuite, GTB pour "Gran Turismo Berlinetta", qui désigne chez Ferrari une GT deux places à moteur avant, et "Fiorano" pour le clin d'oeil à la piste d'essai du constructeur.

599 donc, pour 5999cm3. Il s'agit du moteur apparu sous le capot de l'impressionnante Enzo et de son évolution course, la FXX, dans une version "assagie", plus en rapport avec l'orientation de la voiture. Façon de parler, puisqu'il développe tout de même la puissance fort respectable de 620cv, soit 105 de plus que la 575M. 

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Le design est à nouveau un grande réussite, orchestrée comme il se doit par le bureau de style de Pininfarina. La particularité marquante de cette voiture réside dans ses inédites arches reliant le pavillon aux ailes arrières. Ils participent autant à l'identité visuelle de l'auto qu'à son efficience aérodynamique, en améliorant les flux d'air, notamment à (très) haute vitesse. A ce titre également, un extracteur d'air prend place sous le bouclier arrière, cerné par quatre grosses sorties d'échappement jouant le rôle des tuyaux des grandes orgues se trouvant sous le capot. 

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Cette pièce d'orfèvrerie mécanique permet à la GTB de passer de 0 à 100km/h en 3.7s, et d'abattre le 1000m départ arrêté en une vingtaine de secondes. Ces chiffres en font, comme d'habitude, la référence de la catégorie avec la Lamborghini Murcielago LP-640, apparue la même année (une pure coïncidence !). Deux choix de transmissions sont proposées: la traditionnelle boîte mécanique avec son emblématique grille alu (ce sera d'ailleurs la dernière Ferrari à la proposer, hélas), ainsi que la très prisée unité séquentielle "F1" qui a encore progressé dans sa rapidité: elle autorise des passages en 100 millisecondes contre 150 à la Enzo. Une véritable mitraillette qui fait tirer le V12 en rafales et fait subir au conducteur de successifs plaquages à son siège. 

Côté technologie, la 599 n'est pas en reste puisqu'elle inaugure un nouvel antipatinage, baptisé "F1 Trac", permettant de juguler l'arrivée de la puissance sans la castrer et en l'optimisant au maximum lors des réaccélérations, elle dispose aussi d'un nouveau châssis en aluminium de "Space Frame" (sur le modèle de ce qui se fait chez Audi), permettant de nouvelles techniques d'assemblage et un gain de poids, d'un dispositif de launch control, d'une nouvelle suspension pilotée selon un procédé électromagnétique (baptisée SCM pour "Sospensione a Controllo Magnetoreologico) et d'un "Manettino",  semblable à celui qui fut inauguré en 2004 par la F430: il s'agit d'un bouton au volant permettant de programmer les divers modes de conduite et la désactivation partielle ou complète des aides électroniques, suivant les besoins et envies.

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Ces aides électroniques concilient l'inconciliable: sécurité et plaisir. Elles ne se mettent jamais en travers du plaisir du conducteur, interviennent à bon escient et magnifient, au final, la qualité du châssis. Par ailleurs, grâce à sa suspension pilotée disposant de plusieurs lois, le confort est réel pour une voiture de cette trempe. Ainsi, la polyvalence offerte par une telle auto est rare. Elle peut emmener son propriétaire à la Scala de Milan vêtu d'un smoking en semaine, et sur un circuit pour signer des chronos en combinaison de pilote le week-end. 

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En 2012, la 599 GTB a été remplacée par la F12 Berlinetta, qui pousse encore plus loin le concept de super-GT, puisque, sur la base d'un nouveau V12 6.3L à injection directe, apparu sur la FF, elle développe 740cv et passe de 0 à 200 dans le même temps que ma vénérable 406 2.2 16v met pour atteindre les 100km/h, c'est à dire un peu moins de 9 secondes, avec une facilité de conduite et une efficacité encore améliorées, qui confinent à l'irréel. Vous me direz, le terme d'irréel n'a pas lieu d'être chez Ferrari. Je me souviens de la conclusion de l'essai de la FF par Laurent Chevallier dans Sport Auto: "la concurrence ? Quelle concurrence ?" et de celle d'Yves Bey-Rozet à propos de la 458 Italia: "Ferrari a commis le crime parfait." Après tout, le Commendatore n'avait-il pas dit: "la meilleure Ferrari, c'est la prochaine." ?

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Je vous laisse, en bonus, une petite vidéo et je vous invite à monter le son de vos haut-parleurs ! 

Ferrari 599 GTB Fiorano HGTE 316 km/h acceleration

Fiche technique: 

Moteur : V12 à 65°

Disposition : Longitudinale avant

Energie : Essence

Puissance : 620cv à 7600trs/min

Couple maxi : 62mkg à 5600trs/min

Rapport Poids / Puissance : 3kg/cv

Puissance fiscale : 60cv

Cylindrée : 5999cm3

Nombre de soupapes : 48

Suralimentation : Non

Alésage x course : 92.0 x 75.2

Taux de compression : 11.2 : 1

Distribution : 2x2 arbres à cames en tête

Alimentation : Gestion intégrale

Transmission : Propulsion

Boîte de vitesses : Mécanique ou séquentielle robotisée (F1) à 6 rapports

Direction : Crémaillère assistée

Suspension AV : Triangles superposés

Suspension AR : Triangles superposés

ABS / Antipatinage / Contrôle de stabilité : Oui / oui / oui

Longueur : 4m66

Largeur : 1m96

Hauteur : 1m34

Poids : 1690kg

Cx : 0.34

Capacité du réservoir : 95 litres

Pneus AV : 245/35/ZR 20

Pneus AR : 305/35/ZR 20

Vitesse de pointe : 330km/h

0 à 100km/h : 3.7s

400m DA : 11.4s

1000m DA : 20.3s

Anthony Desruelles