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Depuis un certain temps, je souhaitais m'exprimer au sujet d'une catégorie automobile que j'apprécie particulièrement: les breaks, et notamment les breaks issus de berlines familiales et de grandes routières. Je ne compte plus le nombre de fois où j'ai entendu dire "pourtant ce n'est pas tellement de ton âge", "tu ne préfèrerais pas un coupé, une compacte sportive ou un roadster ?" Le fait est que je ne crois pas à la voiture unique pouvant combler toutes sortes de critères, le plaisir automobile ne se résume pas, à mon sens, à la froide résolution d'une équation, ce qui implique que chercher la voiture unique "parfaite" ne se résumera qu'à la recherche du meilleur compromis réalisable. Or, le propre d'un compromis est de renoncer à certaines volontés...

Dans une optique de choix de deux sortes d'autos, ouvrant déjà des possibiltés séduisantes en termes de complémentarité, je serais bien heureux avec une auto spacieuse, confortable, bien équipée et motorisée pour abattre du kilomètre sans fatigue, et en second lieu, avec une petite auto légère, pétillante et offrant des sensations sans devoir atteindre des vitesses propres à mettre mon permis en danger: un roadster comme une Mazda MX-5 incarne parfaitement l'idée que je me fais de ce type d'auto ludique. Quant à la voiture pour voyager, globalement j'ai toujours eu une préférence pour les gabarits respectables, comprenez les berlines familiales (segment D ou M2) ou les routières (segment H).

J'ai fait mes premières armes avec une 405 1.9 litre Turbo Diesel, puis en raison d'un âge respectable (elle approchait les 300 000km mais avait toute sa forme) et de l'absence de climatisation vécue après un été caniculaire, elle fut remplacée par une Honda Accord V 1.8 litre essence dotée, elle, de la rafraîchissante fonction. Cette berline s'étendait sur presque 4m70 et malgré mes 20 ans, je n'ai jamais eu de difficultés à la manoeuvrer ni à la garer. Mes camarades de fac roulaient en Clio, 206, Fiesta, Polo... et moi dans ce qu'ils appelaient "un porte-avions", "le Queen Mary II", "un train de marchandises"... Depuis 2009, je roule en 406 2.2 litres 16V, voiture dont j'ai dressé un bilan en deux parties : d'abord sur le contexte de son acquisition, et ensuite sur mes années passées à son volant

Cette voiture avait été mise en concurrence avec la même version, 2.2L essence ST Pack Sport, mais en break, de couleur noire et une autre berline, toujours dans la même version (que je voulais précisément) mais avec ma couleur favorite, celle qui lui sied le mieux: le bleu Piana. Cette dernière fut par la force des choses éliminée rapidement de la short-list, son propriétaire ne répondant ni à mon mail, ni à mes messages laissés sur sa boîte vocale. Le break noir semblait moins bien présenter, extérieurement et intérieurement, que la berline qui est mienne aujourd'hui, et le vendeur, un petit marchand de voitures d'occasion situé en Eure-et-Loir ne semblait vraiment pas disposé à faciliter les choses à un client potentiel situé à Toulouse: je n'avais pu obtenir l'envoi de photos supplémentaires par rapport à celles de l'annonce, qui n'étaient en plus pas excellentes, (c'est un doux euphémisme), au prétexte que "les photos de l'annonce suffisent largement et je n'ai qu'à venir la voir si elle m'intéresse". A cette époque, je suis sans voiture, donc le temps presse et je n'ai pas de temps à perdre en faisant des ronds de jambes à un gougnafier préférant perdre une potentielle vente (surtout sur un modèle qui n'attire, en principe, pas les foules, il faut bien en convenir...) plutôt que de se montrer diligent. Pourtant, j'étais réellement prêt à être acquéreur: j'ai toujours aimé la ligne de la 406 Break, et son coffre se montre immense. Je me voyais très bien à son bord... Voici à quoi elle ressemblait (il s'agit de l'ex voiture d'un ancien collègue de forum automobile, que je salue s'il lit ces lignes). 

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C'est donc suite à cette attitude désinvolte que mon choix s'est porté sur la berline dans laquelle je roule aujourd'hui. Les circonstances ont orienté ma décision, mais pour la prochaine, je ferai en sorte de disposer de tout mon temps pour trouver le break qui me convient, car oui, la prochaine sera un break. Je n'ai aucun regret du choix d'une berline, dont je trouve la ligne toute aussi réussie, mais parfois, le côté pratique d'un hayon me manque. Ce n'est pas souvent, certes, mais quand cela se produit, c'est quelque chose de très tangible. Lorsque j'ai emménagé à Bordeaux en 2011, je n'ai pas coupé à la visite dans une célèbre enseigne suédoise de meubles en kit afin d'acheter un petit bureau. Je peux vous dire que je me suis senti seul sur le parking, quand je me suis aperçu que le carton dudit bureau ne rentrait pas dans le coffre... Car oui, un coffre de berline peut être vaste et accueillant... du moment que l'on y place des choses cubiques, pas trop hautes ni trop longues et larges.

J'ai donc du placer ce volumineux objet dans l'habitacle, entre les sièges et la banquette arrière, chose que je déteste: visibilité altérée, bruits de grincements désagréables en conduisant, risque d'abîmer le mobilier intérieur... Pour engloutir des valises, des caisses de vin, des sacs de commissions, un coffre de berline est parfait, pour des cartons de meubles ou pour mon matériel de guitariste (étuis, amplis), ce break noir évincé à cause d'un mauvais vendeur se rappelle parfois à mon souvenir, et me manque. 

Par ailleurs, hors de ces considérations purement pratiques, je trouve que, dans de nombreux cas, un break améliore le dessin d'une berline, particulièrement chez les constructeurs allemands. Par exemple, je préfère nettement une Audi A4 ou A6 en version Avant aux versions berline, cela vaut également pour une Mercedes Classe C ou E dans les versions SW ou pour une BMW Série 5 Touring. La version break m'apparaît plus élégante et plus originale. En outre, la surface vitrée plus importante permet une ambiance intérieure plus lumineuse et amplifie la sensation d'espace, à plus forte raison lorsque l'auto dispose d'un intérieur aux teintes claires. 

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Toutefois, l'objectivité commande d'écrire qu'il existe des breaks que l'on achète uniquement par préférence esthétique, sans aucune motivation pratique: c'est par exemple le cas de l'Alfa Romeo 156 SW. Un style magnifique, sublimant une berline déjà réussie par le coup de crayon de Walter De Silva, mais dont le coffre était encore moins volumineux que celui de la berline, et même s'il offrait un petit supplément de praticité grâce à sa banquette rabattable, ses formes tarabiscotées, notamment en raison de la proéminence des passages de roues, de la hauteur importante du seuil de chargement et de l'étroitesse du hayon en faisaient davantage une 156 à 5 portes, un peu plus commode au quotidien que la berline. Aurait-elle innové en investissant, dès 1999, le segment qu'occupent actuellement les BMW Série 4 GranCoupé et Audi A5 Sportback ? Ne soyons toutefois pas cabotins: les concurrentes allemandes contemporaines de cette 156, les A4 Avant et Série 3 Touring, ne faisaient qu'un peu mieux en matière de volume et de logeabilité. Il aura fallu attendre les générations B8 de l'A4 en 2007 et F31 de la Série 3 en 2012, pour que les volumes de coffre atteignent des valeurs simplement convenables d'environ 500 et 1500dm3 en configuration 5 ou 2 places. 

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Revenons en à nos considérations esthétiques. Le choix d'une variante break change encore plus la donne, en ce qui me concerne, sur les catégories inférieures, car pour une routière, j'aime en général la version berline et j'aime encore plus son dérivé break. En revanche, pour une compacte, je trouve bien souvent que la version break améliore grandement une version berline quelconque. C'est vrai, par exemple, pour les Ford Focus, Peugeot 308 ou Seat Leon, pour lesquelles je n'aime que les versions SW (ST pour l'espagnole). Certes, je concède bien volontiers le fait d'être influencé par le fait de moins apprécier ce segment... 

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Au final, je ne vois que des avantages au break: une esthétique plus agréable, un supplément de praticité bienvenu, même une fois par an pour caser, au hasard, un carton de meuble en kit, une ambiance intérieure plus lumineuse, le tout sans sacrifier l'agrément de conduite et les prestations routières. Si seulement les pères de famille pouvaient se rappeler plus souvent de ces éléments, au lieu de se précipiter sur le premier SUV ou monospace compact venu lors de l'arrivée d'un premier enfant... En tout cas, dans mon esprit, les choses sont claires: pour le choix de ma prochaine voiture principale, je sais quelle variante de carrosserie a fait le break... 

 

Anthony Desruelles