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Dans la lignée des Classic Days à Nevers-Magny Cours et du Classic Heritage que j'ai eu le plaisir de couvrir l'an dernier à Albi, une troisième déclinaison de ce rendez-vous consacré aux voitures anciennes et sportives de diverses époques s'est tenue les 7 et 8 Octobre sur le circuit Paul Armagnac de Nogaro. Il s'agit d'un événement automobile qui fait, à son tour, le pari réussi d'une réjouissante diversité concernant le plateau. Anciennes de l'entre-deux guerres, des années cinquante, soixante, youngtimers, sportives modernes... les grands classiques de chaque époque étaient réunis. Ainsi, il était possible de voir des contrastes tels que je les aime, comme une Renault 5 LS à côté d'une 911 SC, une Lotus Elise jouxtant une Triumph TR6, une Citroën SM taillant le bout de gras avec une Golf GTI de première génération... 

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Vous noterez la propreté clinique de cette 305 SR phase une et de cette 505 Turbo... Deux modèles qui ne courent déjà pas les rassemblements de ce type, à plus forte raison dans cet état de fraîcheur, et ornés d'autocollants d'époque... Ces deux autos m'ont plus interpellé que la nuée de 205 GTi présentes : même si j'ai une grande estime pour cette dernière, il est bien plus fréquent d'en croiser dans ce genre d'endroits. 

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L'automobile d'Outre-Manche était fort bien représentée, avec de nombreux propriétaires de Lotus Elise / Exige, rompus à l'exercice quand il s'agit de limer de la gomme sur la piste, mais également des voitures plus anciennes et dédiées à la balade comme des MG B, Triumph TR6, Austin Healey, Jaguar XK8... quelques bestiales TVR avaient également fait le déplacement, et dans un tout autre genre, une superbe Bentley Turbo R verte... un modèle qui ferait faire une syncope à Annie Dingo et ses zélotes les khmers verts pour une somme modique. 

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Toutefois, le Classic Festival n'est pas qu'une exposition statique : ce qui fait son charme, c'est qu'il est possible d'assister à des sessions de roulage sur la piste, là où ces beaux engins sont dans leur élément ! De la Renault 12 Gordini à la barquette de course en passant par la Ferrari 488 GTB, voilà qui témoigne une nouvelle fois de la diversité caractérisant la manifestation. 

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Voici un engin qui parlera aux connaisseurs avisés et aux lecteurs assidus de la revue "Echappement" : la Hommell Berlinette Echappement (Michel Hommell, son créateur, fut également fondateur et rédacteur en chef de ladite revue)... Elle reprenait un peu les fondamentaux de Lotus (et de l'Alpine A110) avec une quête de faible poids et un moteur de grande série, en l'occurrence des 2 litres 16 soupapes prélévés sur la 405 Mi16 phase 2 puis sur la 306 S16 167ch par la suite. On notera les jantes, empruntées à la 605 V6 phase 2... 

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La Lancia Stratos HF possède vraiment une très forte identité conférée par son style à part et son palmarès sportif... 

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Malheureusement, cette belle journée fut entâchée par un drame. Alors que j'arpentais les rangées de voitures exposées, je vis une épaisse fumée noire en provenance de la piste. J'ai d'abord cru à l'éventualité de l'incendie d'une voiture, voire de l'un des avions de parade qui survolaient le site en faisant des figures de voltige... les gradins de la piste ne permettaient pas de voir l'étendue des dégâts. On apprendra le soir venu qu'il s'agissait en réalité d'un ULM qui s'est écrasé peu après sa phase de décollage aux abords du circuit pour s'embraser immédiatement après. Un accident qui coûta la vie à son pilote et qui envoya le passager grièvement brûlé au CHU de Toulouse par hélicoptère... 

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Le concessionnaire toulousain BMW Pelras, partenaire de l'évènement, avait dépêché quelques modèles d'exposition emblématiques, comme la M1 ou la superbe Z8. Sur son stand, on pouvait également voir une très belle M5 E34 Touring 3.8L, la première et la dernière génération de M3, une 2002 Turbo... 

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Non loin de là, se trouvait le stand de Modena Sport, concessionnaire Ferrari / Maserati de Toulouse qui exposait des modèles anciens comme une magnifique 250 GTE offrant son V12 triples carburateurs à la vue du public, une BB512i... mais aussi le dernier modèle en date de la gamme du Cavallino, la 812 Superfast. Je passais jusque là un excellent moment, mais si vous me connaissez un tant soit peu, vous devez vous douter que cet endroit ressemble beaucoup au Saint des saints pour moi ! 

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La suite avait lieu à l'extérieur, avec un coin dévolu aux autos italiennes... où l'on pouvait croiser une 550 Maranello, des F430 tout comme une rare version à transmission intégrale d'un break Alfa 33, et la mal-aimée 90, qui succéda avec beaucoup de difficulté à l'Alfetta, en devant subir une dramatique réduction des coûts ayant eu les conséquences que nous savons à propos de la qualité de fabrication. Par ailleurs, une 164 exposait les pipes d'admission chromées de son V6 au soleil et deux roadsters Fiat (une Barchetta et une 124 Spider) étaient dos-à-dos, comme pour symboliser leur filiation. 

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La dernière partie de ma visite regroupait des autos allemandes, japonaises et américaines, parmi lesquelles un désirable roadster S2000 paraissant immense à côté de sa petite soeur la S600, des Porsche en tous genres (les 924/944/968 sont de plus en plus nombreuses, prouvant que les "PMA" ont largement été réhabilitées...) et une Chevrolet Camaro Hot Wheels qui, si elle n'incarne pas l'exacte définition de la discrétion ou de la subtilité est un rapport prix/plaisir absolument imbattable dans son genre, doublée d'un magnifique pied-de-nez à cette époque d'uniformisation sous couvert de politiquement correct triomphant. 

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C'est ainsi que s'est achevée cette visite du Classic Festival. Sans l'accident survenu au cours d'après-midi, il aurait pu s'agir de la journée parfaite. Une journée passée dans un cadre évocateur, à profiter d'un plateau réjouissant par sa qualité et sa diversité, offrant aux visiteurs ses vrombissements mécaniques et ses odeurs d'essence et d'huile chaude... ça fait un bien fou en cette période de stigmatisation de l'automobile : profitons-en tant que l'automobile n'est pas encore interdite et le plaisir transformé en taxe annuelle... 

 

Anthony Desruelles