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Huit heures du matin sur le plateau de Saint-Eutrope. Ce sont les premiers jours d’octobre, il fait encore un peu frais, mais tous ceux dont les machines patientent au ralenti, sur la petite route qui mène à l’autodrome, savent que la journée sera lumineuse. C’est déjà la cinquième édition de l’Italian Meeting, l’une des nombreuses manifestations qui jalonnent le calendrier des passionnés et qui, désormais, constituent autant de points de repère pour qui aime à se rassembler autour d’un rêve partagé. Pour accueillir des automobiles et des motos qui, peut-être plus que bien d’autres, savent susciter une émotion particulière, aurait-on pu imaginer un plus bel écrin que la vieille piste rapiécée mais glorieuse, dont l’histoire se compte en décennies ?

Les fantômes de plusieurs générations de pilotes, d’essayeurs et de journalistes spécialisés sourient aux arrivants, tandis qu’une troupe joyeusement hétéroclite se répand peu à peu entre l’herbe et le béton. Spectacle inusité que cette agrégation de souvenirs, de cœurs battants, de hardiesses d’ingénieurs, de vitesse, de sculptures roulantes, de vibrations, de tôle, de chromes, de poussière et de musicalité, d’autant plus que tout snobisme en est résolument banni. Ici, pas de vain dress code imposé aux amateurs qui se rassemblent autour des capots ouverts, que ceux-ci appartiennent à une Ferrari 400, à une Autobianchi A112 ou à une Alfasud Ti. Tous savent pourquoi ils sont là : pour admirer et pour rouler ! 

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Judicieusement répartis en plateaux, les pilotes vont alors, tout au long de la journée, dans des styles très dissemblables, régaler un public chaque année plus nombreux. Le bonheur, à ce moment précis, c’est sans doute cela : pouvoir contempler (et écouter !) une Lancia Fulvia Sport ou une Maserati Biturbo en train d’évoluer sur l’anneau tandis qu’elles côtoient des autos sans doute moins convoitées mais devenues fort rares : Alfetta, Regata ou Thema 8.32 symbolisent, dans leur diversité, l’exemplaire ouverture d’esprit qui règne entre tous les participants. A l’heure où l’industrie automobile italienne souffre de trajectoires industrielles souvent erratiques, et où tant de marques ont déjà disparu, la joie de conduire ou, tout simplement, de déambuler entre tant de légendes réunies s’apparente à une forme de réconfort particulièrement bienvenu… 

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Mention spéciale à deux anniversaires dignement célébrés : les soixante-dix ans de Ferrari et les soixante ans de la Fiat 500 avec, dans les deux cas, un plateau à l’éclectisme réjouissant, en termes d’époques comme de carrosseries. Il n’est pas si courant d’apercevoir une Testarossa se garer benoîtement à proximité d’une 250 GTE 2+2 ou d’une 550 Maranello… 

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A l’heure de se résoudre à repartir, tandis que les dernières parades commémoratives s’achèvent, les sourires en disent long du côté des spectateurs comme des acteurs, eux dont le merveilleux théâtre à ciel ouvert ne s’interrompt jamais tout à fait : il siège continûment dans les mémoires, qu’il contribuera à enchanter jusqu’au prochain automne. 

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Nicolas Fourny