1e2811fd11ac88334a984344-900-600

En cette période où les salons et évènements automobiles tombent comme à Gravelotte, le Tour Auto, initialement prévu fin avril comme d'habitude, a évidemment fait l'objet d'un report, confinement oblige, mais par chance, il a néanmoins été maintenu. C'est donc entre le 31 août et le 5 septembre que l'événement phare de Peter Auto s'est tenu, avec une escale à Toulouse jeudi 3. La capitale occitane ne figurait pas au programme du tracé lors des deux dernières éditions, alors l'occasion d'arpenter les alentours de l'esplanade Georges Vallerey, pour admirer l'habituel plateau de belles mécaniques qui caractérise le célèbre rallye historique était donc à saisir. Dans une époque où l'automobile prend une tournure bien morne, voici quelques intenses moments de vie que j'ai eu le plaisir de capturer afin de les partager avec vous.

IMG_5240

IMG_5243

IMG_5246

IMG_5247

Ferrari 250 GT Berlinetta, Ford GT40, Austin Healey 100/4, Facel Vega Facel III : ces quelques arrivantes annoncent que les prochaines minutes seront fertiles en plaisir !

IMG_5248

IMG_5256

IMG_5259

IMG_5264

IMG_5265

IMG_5266

IMG_5268

IMG_5270

IMG_5274

IMG_5276

IMG_5279

Comme l'illustrent ces photos, le Tour Auto a ceci de spécial par rapport à d'autres evènements ayant trait à l'automobile qu'il est une course avant d'être une exposition... L'exposition de voitures à laquelle les chanceux assistent chaque soir dans la ville d'arrivée est le terme d'une journée passée à se battre contre le chronomètre, que l'on soit inscrit en plateau régularité ou en compétition. L'ambiance sur place est directement en lien avec la course : à peine parquée sur son emplacement, chaque voiture, de la Morris Cooper à la Ferrari 250 GT Berlinetta SWB, ce qui témoigne une fois de plus de l'extrême diversité du plateau, est immédiatement prise en charge par les mécaniciens, les pilotes et copilotes qui se mettent à oeuvrer de concert pour repartir le lendemain matin dans les meilleures conditions. Plaquettes de freins à changer, carburateurs à régler, allumage à peaufiner... on parcourt les allées en voyant des mains travailler sous les capots, dans des odeurs d'essence, de gaz d'échappement et d'huile chaude. En ces temps d'autophobie triomphante, cet endroit porte, pour quelques heures, les traits d'une zone de dissidence. L'antithèse de Paris sous Anne Hidalgo en quelque sorte.

IMG_5280

IMG_5282

IMG_5283

IMG_5287

Outre la présence inévitable de l'icône 911, Porsche était au rendez-vous avec d'autres modèles, comme la 356 ou ici, la 904 Carrera GTS...

IMG_5290

IMG_5295

IMG_5296

IMG_5303

Une 225S Vignale et, quelques mètres plus loin, une 250 GT Berlinetta châssis court... Le Ferrarista que je suis ne pouvait qu'être aux anges à cet instant !

IMG_5304

IMG_5308

IMG_5311

IMG_5314

IMG_5315

IMG_5305

IMG_5318

Shelby Cobra 289, GT40, Corvette C3... les gros V8 ricains n'étaient pas oubliés : ils se chargeaient de toute façon de rappeler leur présence à nos oreilles ravies !

IMG_5319

IMG_5320

Après avoir passé un long moment à admirer cette magnifique 250 GT Lusso de 1963 sous toutes les coutures, y compris en me penchant sur le V12 Colombo qui recevait ses soins quotidiens tout en refroidissant grâce à l'air frais vespéral, j'ai repris mon cheminement pour me retrouver quelques mètres plus loin, face à François Allain et sa Citroën GS 1220 de 1973, ornée du numéro 50 pour célébrer les cinquante ans du modèle. Il n'y a guère qu'au Tour Auto que l'on peut assister à ce genre de scène... et quel bonheur d'y assister. C'est l'expression la plus pure de la passion automobile : celle qui refuse tout sectarisme.

IMG_5323

IMG_5325

Quand la nuit tombe, au fur et à mesure que les dernières voitures arrivent, décrites par le speaker, les opérations de maintenance mécanique se poursuivent. Les lampes frontales permettent aux mécaniciens de continuer à travailler, on entend toujours vrombir les moteurs, l'ambiance est magique.

IMG_5329

IMG_5332

IMG_5334

IMG_5335

IMG_5336

Comme je l'ai écrit en introduction de ce photoreportage, se rendre sur une étape du Tour Auto, revient à constater qu'en dépit de la prolifération de voitures qui s'apparentent pour moi à de l'électroménager sur roues, davantage acheté pour la largeur d'un écran tactile que pour une capacité à provoquer une quelconque émotion, il existe encore une vision passionnelle et esthète de l'automobile. Ces quelques photos traduisent une immersion dans un musée automobile d'une richesse exceptionnelle, qui a en plus le mérite d'être vivant : les voitures présentes ne sont pas mises sous cloche, elles font chaque jour ce pourquoi elles ont été conçues : rouler, et même rouler sans ménagement. Voir une Ferrari dont la côte s'élève à plusieurs millions d'euros marquée par les stigmates de la route est infiniment plus émouvant que de la voir condamnée dans un musée, prisonnière d'un cocon certes confortable mais qui la vide de sa substance et ne lui offre comme vie quotidienne que les flashes des smartphones. Que les gens qui rendent possible des moments rares et précieux, comme celui que je me suis employé, à vous retranscrire ici soient chaleureusement remerciés.

 

Anthony Desruelles